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Le Fabuleux Destin de l'Abbaye de Cadouin

Par Joffrey Revoy | 05 décembre 2018
Patrimoine, Découvrir
Cadouin fait partie de ces petits villages au destin fabuleux, à l’histoire passionnante et étonnante… Tout commence au début du XIIème siècle...

Tout commence au début du XIIème siècle. Géraud de Salles et ses disciples vivent en ermites sur les terres Caduniennes depuis plusieurs années. En 1115, grâce à un don de terres, Géraud de Salles fonde l’Abbaye de Cadouin. En 1119, elle rejoint l’ordre Cistercien, qui ne compte alors que quelques rattachements.

Facade Abbaye de Cadouin - © Archives Départementales de la Dordogne

  "Façade Romane de l'Abbaye de l'Ordre de Citeaux" | Crédit Photo : Archives Départementales de la Dordogne

Le destin de l’Abbaye de Cadouin prend un tournant important entre 1201 et 1214. Le Suaire du Christ aurait été rapporté de Terre Sainte par le comte de Toulouse, Raymond VII. L’abbaye devient alors un lieu de pèlerinage majeur sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Cette relique va entraîner de nombreux dons et participer activement au développement et au rayonnement de l’abbaye au cours des XIIème et XIIIème siècle. 

C’est ensuite une succession de périodes assez mouvementées qui vont égrener la vie de l’Abbaye. De nombreuses guerres vont réellement fragiliser la communauté et le bâti religieux. En 1392, durant la guerre de Cent ans, le Saint Suaire est mis en sécurité à Toulouse. Il sera de retour au milieu du XVème siècle.

Saint-Suaire de Cadouin

  Saint-Suaire de Cadouin

A la suite des guerres de religion, l’abbaye se relève avec le soutien des rois de France. Des donations permettent notamment la reconstruction du cloître, ce qui explique son caractère architectural gothique, visible de nos jours. Le pèlerinage est relancé en 1644 après publication d’un procès verbal d’authenticité fait par l’évêque de Sarlat. 

La Révolution Française signe la disparition totale des moines au sein de l’abbaye, disparition qui fait suite à une période de déclin déjà observée au sein de la communauté monastique en place. L’abbaye devient alors communale, puis les bâtiments sont cédés au département en 1839. Elle sera ainsi classée monument historique dès 1840.

De son côté, l’évêque de Périgueux relance le pèlerinage en 1866. Une foule de pèlerins revient observer, prier et se recueillir auprès du Saint Suaire. Le pèlerinage permettra le développement d’une économie florissante. Il va malheureusement prendre fin avec le bouleversement de 1934.

  "Pélerinage à Cadouin" | Crédit Photo : Bibilothèque Nationale de France

C’est un véritable cataclysme qui résonne. Un historien qui s’intéresse alors de près à la relique, découvre sur celle-ci, une inscription en coufique. Elle est liée à un calife égyptien de la fin du XIe siècle ! Le Suaire tant vénéré n’est pas celui que l’on croyait ! C’est la fin d’une belle histoire et du pèlerinage de Cadouin. Il est annulé par l’évêque de Périgueux dès la révélation de cette information.

 

De nos jours, l’Abbaye de Cadouin fut inscrite en 1998 sur la liste du patrimoine mondial par l’UNESCO, au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle conserve un bâti remarquablement sauvegardé et valorisé. L’église abbatiale se visite librement ; le Cloître, récemment rénové, est ouvert à la visite toute l’année. Enfin, les communs de l’abbaye, accueillent aujourd’hui une auberge de jeunesse tout à fait atypique

Abbaye de Cadouin

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